DANS LE VENTRE DE LA BALEINE

MARYSE GOUDREAU

VENDREDI 16 AOÛT 17:00 – DIMANCHE 18 AOÛT 2019 16:00
CENTRE D’ART DE PERCÉ

PREMIÈRE QUÉBECOISE
DISPOSITIF AUDIO

QUÉBEC / 2019 / 5 MIN / DISPOSITIF AUDIO

Synopsis

Le projet Dans le ventre de la baleine explore le thème de la communication. Le béluga se caractérise comme un mammifère marin sonore qui passe une partie de sa vie dans le noir. Son univers est composé de craquements, d‘aboiements, de grincements, de bourdonnements, de grondements, de reniflements, de trilles, de gémissements et son chant est modulé en 16 notes, ce qui lui donne le répertoire le plus étendu de tous les mammifères marins. Chaque béluga émet un signal acoustique qui lui est propre. Goudreau crée acoustiquement une pouponnière de bélugas (endroit où le béluga nouveau-né apprend la communication avec sa mère et son groupe d’appartenance de femelles). L’expression «pouponnière de béluga» a fait apparition dans les luttes citoyennes dans la région de Cacouna vers 2014 en frappant l’imaginaire politique et médiatique afin de protéger l’espèce dont la population locale est en voie de disparaitre. L’installation prend la forme d’une expérience individuelle dans l’obscurité : l’utilisateur est invité à une séance d’écoute du béluga.

Un dispositif composé d’un case d’écoute et d’un système audio tactile (haptique) vise à créer une bulle sonore et un effet de trois dimensions restituant la sensation ressentie en situation sous marine avec les bélugas. Goudreau raconte mon expérience avec un ton engagé. Il s’agit de capter un territoire sonore en étant plus ou moins fidèle, mais avec le but ultime de partager un patrimoine sonore. Goudreau a cherché à nous mettre dans la peau du béluga, pour sonder les profondeurs de nos liens. Le dispositif donne l’impression qu’on amplifie son propre battement de cœur, mais à un moment donner on se fait avaler par le battement de cœur de quelque chose de plus gros soit le battement à l’unisson d’un groupe de béluga dans une pouponnière de la Baie d’Hudson.

L’œuvre a été réalisé suite à une résidence de recherche et création au Churchill Northern Studies Center grâce à l’entente entre le Conseil des art et des lettre du Québec et le Conseil des arts du Manitoba.

Biographie

Maryse Goudreau, artiste d’Escuminc en Gaspésie, travaille depuis plusieurs années au développement d’archives thématiques proposant des regards croisés à la fois sociologiques, politiques et anthropologiques en explorant l’image, les fonds photographiques et l’art participatif. Par une approche résolument hybride, l’artiste cherche à affranchir les images de leurs relations statiques à une histoire officielle. En 2012, elle fait un premier pas vers le champ de l’art à portée sociale avec la Manifestation pour la mémoire des quais, et poursuit dans cette voie en créant le Festival du tank d’Escuminac – première et dernière édition. En 2019, elle réalise l’exposition Speculating futures à la Biennale de Venise. En 2017, elle est la première récipiendaire du Prix Lynne-Cohen offert en partenariat avec le Musée national des beaux-arts du Québec. Elle a présenté des expositions individuelles à VU (Québec), Dazibao (Montréal) et au Centre Bang (Chicoutimi), entre autres. Depuis 2015, son travail a aussi été présenté dans des expositions collectives telles que Ignition à la Galerie Leonard et Bina Ellen (Montréal) et Elles photographes au Musée des beaux-arts de Montréal.

En ce moment et depuis 2012, Maryse Goudreau travaille à une archive thématique sur l’histoire sociale du béluga. Constituées de diverses données, de photographies, de vidéos et de reconstitutions, allant d’images puisées dans des archives à des images qu’elle a tournées, les pièces de cette archive-œuvre sont régulièrement remixées et remaniées afin de produire de nouvelles œuvres.